Exposition : du 20 au 25 octobre 2020 à la Halle des Chartrons, Bordeaux.

Dans le cadre de la Semaine d’Amérique Latine et des Caraïbes, l’association d’artistes latino-américain.e.s à Bordeaux MACLA propose une exposition et une programmation culturelle autour du thème « AFRO América Latina ». Ce thème explore l’identité polymorphe d’une Amérique Latine riche et diverse, une identité construite à travers l’interaction (qui n’a pas été toujours égalitaire) de trois grands berceaux culturels : les cultures indigènes américaines, les cultures européennes et les cultures africaines.

C’est pourquoi l’Afrique est un élément essentiel de la culture latino-américaine. Si nous regardons les musiques d’Amérique Latine l’influence africaine est évidente : tango, cumbia, samba, bossa nova, etc. ; toutes ces musiques sont issues des métissages entre différents peuples qui se sont rencontrés dans le nouveau monde : européens, amérindiens, africains. L’Amérique Latine est un énorme melting pot culturel.

Bien que l’influence de l’Afrique dans la Caraïbe et au Brésil soit très connue en Europe, le cas de l’Amérique du Sud ou du Mexique restent largement méconnus. Néanmoins, cette influence a été essentielle pour la construction des identités nationales et elle est ancrée dans le patrimoine immatériel de la plupart des pays. Les musiques et les danses traditionnelles de ces pays, par exemple, sont, en grande partie, héritières de cultures africaines arrivées sur le continent avec la traite négrière : des danses comme la Saya en Bolivie, la musique du Candombe en Uruguay, le Festejo et le Landó au Pérou, la Cueca au Chili sont peut-être des noms qui parlent peu aux Français mais ce sont tous des rythmes afro-américains très importants dans la culture populaire exécutés lors des festivités comme le carnaval, les fêtes nationales, etc. On peut aussi évoquer des traditions de résistances politiques et culturelles héritières de la résistance des Africain.e.s réduit.e.s en esclavage qui avaient fui leurs maîtres (les Noirs Marrons) et s’étaient réfugié.e.s dans des régions retirées, fondant des « palenques » (Caraïbe colombienne) ou tissant des liens avec d’autres populations minorisées comme les peuples autochtones (culture garifuna en Amérique centrale).

L’apport des peuples afro-descendants est donc multiple et a longtemps été invisibilisé et méprisé par les élites blanches pour des raisons politiques et raciales. Toutefois, dès les années 1920, des mouvements culturels cherchant à mettre en valeur ces influences apparaissent dans la Caraïbe (negrismo à Cuba ou Puerto Rico, Négritude dans les îles francophones). À partir des années 1960, d’autres pays du continent sont gagnés par différents mouvements de revendications politiques ou culturelles qui s’inspirent à la fois des traditions de résistances locales, des mouvements caribéens et africains mais aussi des luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis.

Dans le cadre de la SALC 2020 et avec cette exposition, notre association veut explorer les connexions existantes et historiques entre l’Amérique et le continent africain, et questionner ce qu’on sait (ou plutôt ce qu’on croit savoir) sur les mécanismes d’interaction entre les deux continents : ces influences ont effectivement fait plusieurs fois l’aller-retour d’un continent à l’autre, apparaissant comme plus évidentes dans la culture de certaines régions (Caraïbe, Colombie) ou comme plus marginales, voire inexistantes, dans des pays comme le Pérou, la Bolivie, l’Argentine ou le Mexique alors qu’elles y ont laissé un important héritage encore bien vivant.

Artistes présents en cette exposition :

Désirode 

Ivan Torres 

Cesar-Octavio Santa Cruz

Victoria Stagni 

Milena Carranza (artiste invitée)

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